L’autopartage en France a connu une évolution significative au cours des dernières années, devenant une solution de mobilité alternative de plus en plus populaire. L’histoire de l’autopartage en France remonte au début des années 2000, lorsque des entreprises pionnières ont introduit ce concept novateur dans le pays.
Quelques chiffres
L’autopartage en France a connu un essor significatif depuis la fin des années 1990. En 2010, des services d’autopartage étaient déjà opérationnels dans une vingtaine de villes, attirant environ 25 000 utilisateurs. L’année suivante, en 2011, a marqué l’émergence de services d’autopartage entre particuliers. À partir du 1er janvier 2022, ces initiatives ont pris de l’ampleur, englobant 12 677 véhicules répartis dans 736 communes et bénéficiant à une communauté de 323 000 utilisateurs. Cet engouement témoigne de l’adoption croissante de l’autopartage comme solution de mobilité en France, redéfinissant la manière dont les individus abordent la possession et l’utilisation des véhicules.
Les débuts
Le concept d’autopartage a d’abord émergé avec l’idée de partager des véhicules entre plusieurs utilisateurs plutôt que de les posséder individuellement. En France, l’autopartage a pris son envol grâce à des entreprises telles que CitéLib, qui a lancé ses premiers services à Strasbourg en 2002.
L’influence de nos amis Suisses
Si les premières expériences françaises d’autopartage remontent aux années 1970, cette forme de transport ne se développe réellement qu’à partir de la fin des années 1990, sur le modèle de ce qui est inventé en Suisse au milieu des années 1980. L’avance de ce pays s’explique principalement par son avance en matière de gestion du stationnement dans les centres-villes et la qualité de ses transports en commun ; autant d’incitations à n’utiliser la voiture que ponctuellement.
Une étude parue en juin 1998 montrait par ailleurs que les différences de choix modaux des usagers suisses et français s’expliquent pour l’essentiel par la différence considérable d’offre de places de stationnement automobile. En effet, à taille égale, les agglomérations suisses offrent quatre à cinq fois moins de places de stationnement pour les voitures privatives. Il s’ensuit que l’utilisation des transports en commun par les Suisses est beaucoup plus importante qu’en France. Dès lors, l’autopartage diminue d’autant l’utilisation de places de stationnement.
Une loi favorisant l’Autopartage en France (2006)
En 2003, dans un rapport du Commissariat général du Plan intitulé : « Transports urbains : quelles politiques pour demain ? » Roland Ries, rapporteur et ancien président du Groupement des autorités responsables de transport pose le constat d’un retard important de la France dans ce domaine et propose de promouvoir ce mode de transport.
En 2006, le Sénat unanime adopte la proposition de loi de Roland Ries visant à promouvoir l’autopartage. Transmise à l’Assemblée Nationale en 2007, cette loi devient une pierre angulaire du Grenelle de l’environnement. Intégrée dans le Grenelle I et détaillée par le projet Grenelle II, elle annonce un label spécifique pour l’autopartage, défini comme la mise en commun d’une flotte de véhicules motorisés pour des utilisateurs abonnés. Un décret en 2011 fixe les critères d’attribution du label, permettant aux véhicules partagés de bénéficier d’avantages tels que places réservées et tarifs de parking préférentiels.
La diversification des offres
L’autopartage s’est diversifié pour répondre à une gamme plus large de besoins. Des services à la minute aux locations à la journée, en passant par les formules mensuelles, les utilisateurs ont désormais le choix entre différentes options en fonction de leur usage spécifique.
Des acteurs tels que Cityz, Veolia Transdev, Keolis, CityzenCar, Buzzcar et Livop contribuent à la diversité de l’autopartage, chacun apportant sa perspective sur le marché en pleine expansion.

Citiz (2002) et Association des acteurs de l’autopartage (2020)
Fondé en 2002 sous le nom de France-Autopartage, le réseau Citiz émerge en tant que coopérative initiée par les précurseurs de l’autopartage en France, opérant dans des villes telles que Marseille, Lyon, Grenoble, et Strasbourg.
En 2020, les entreprises dédiées à l’autopartage unissent leurs forces en créant une organisation professionnelle, l’Association des acteurs de l’autopartage (AAA). Cette initiative vise à promouvoir l’autopartage de manière collective et à offrir une voix unifiée lors des discussions avec les pouvoirs publics. L’AAA rassemble onze entreprises clés du secteur, renforçant ainsi leur impact et leur représentation.
Un modèle fragile
L’autopartage en France, bien que prometteur pour la mobilité urbaine durable, a été marqué par la fragilité de son modèle économique, symbolisée par les échecs notables tels qu’Autolib’ à Paris, clôturé en juillet 2018, et les services BlueLy à Lyon et BlueCub à Bordeaux, tous deux fermés le 31 août 2020. Cette introduction explore les raisons derrière ces déconvenues, mettant en lumière les défis structurels et les leçons apprises qui influent sur la trajectoire future de l’autopartage en France.

Autolib’ et l’Équilibre Financier (2015)
En 2015, Autolib’, opéré par Bolloré, vise 80 000 abonnés pour atteindre l’équilibre financier prévu vers 2018. Les résultats du premier anniversaire laissent entrevoir un équilibre dès 2014. Avec 47 000 abonnés en décembre 2012, Autolib’ cherche à valoriser la Bluecar et le véhicule électrique. Initialement annoncé sans nécessiter de subventions publiques et promettant un bénéfice annuel de 56 millions d’euros, Autolib’ a connu des difficultés financières majeures, se révélant fortement déficitaire dès 2017. En 2018, le groupe Bolloré a déclaré que le service public enregistrait des pertes annuelles de l’ordre de 50 millions d’euros. Le contrat prend fin le à 23 h 59. La décision du tribunal administratif de Paris, rendue le 12 décembre 2023, clôt un chapitre tumultueux de l’autopartage en France. En plus de l’échec d’Autolib’, le groupe Bolloré s’est vu refuser toute indemnisation. (source automobiliste.fr)
L’autopartage entre particuliers (de pair-à-pair)
Depuis 2011, l’autopartage entre particuliers se développe en France, où les propriétaires mettent leurs voitures en location, favorisant la rentabilité et la diversité des options pour les utilisateurs. En 2012, bien que ce service s’étende, le nombre d’abonnés doit encore augmenter pour assurer sa rentabilité.
Bien que moins médiatisé, il est une pratique qui prend de l’ampleur, regroupant entre 35 000 et 70 000 personnes. Avec environ 30 millions de véhicules en France, le potentiel de cette forme d’autopartage est considérable. Depuis 2011, le secteur de l’autopartage privé a pris de l’essor, marqué par l’émergence de services entre particuliers tels que Drivy. Ces plateformes agissent comme des intermédiaires, permettant aux propriétaires de véhicules de proposer leurs voitures en location aux conducteurs. Ce modèle de service offre une assurance intégrée, instaurant un cadre sécurisé pour ces transactions de location.

Drivy, précurseur d’un concept
Drivy, créé en 2010 sous le nom de Voiturelib, est une plateforme d’autopartage qui permet aux particuliers de réserver des véhicules près de chez eux ou de louer le leur pour le rentabiliser. Après une levée de fonds de 2 millions d’euros en 2012, Drivy s’étend à l’international en 2014 en Allemagne et en Espagne. En 2015, la société acquiert les concurrents Buzzcar, Livop, et Autonetzer, renforçant ainsi sa position sur le marché. Avec une levée de fonds de huit millions d’euros, Drivy continue son expansion en Autriche, Belgique, et au Royaume-Uni en 2017. En 2019, le concurrent américain Getaround acquiert Drivy, mettant fin à neuf années d’existence de la marque.
La montée en puissance des plateformes numériques
Avec l’avènement des technologies numériques, les plateformes en ligne ont facilité l’accès à l’autopartage. Les utilisateurs peuvent désormais réserver un véhicule via une application mobile, déverrouiller la voiture à l’aide de leur smartphone et effectuer toutes les transactions de manière électronique. Les 3 principaux acteurs en France à date sont les américains Getaround (ex Drivy) et Turo qui a racheté Ouicar en 2022, ainsi que Roadstr, le dernier petit frenchy qui résiste à l’envahisseur, une petite équipe basée au Mans, spécialisé dans le partage de voitures de caractère mais qui s’ouvre peu à peu à des véhicules plus courants. (NDLR : Vous y trouverez mes Froguettes par exemple mais pas que…).
Les avantages de l’autopartage
L’autopartage en France a gagné en popularité en raison de ses nombreux avantages. Il contribue à réduire le nombre de voitures en circulation, favorise une utilisation plus efficace des ressources, diminue les émissions de gaz à effet de serre et offre une solution économique pour ceux qui n’ont pas besoin d’une voiture au quotidien. Selon une étude de l’ADEME en 2019, l’usage d’une voiture en autopartage remplace celle de 5 à 8 voitures particulières. C’est donc 80% de l’espace public qui peuvent être réaffectés à d’autres usages.
Les défis à relever
Bien que l’autopartage ait connu un succès croissant, certains défis persistent, tels que la disponibilité des véhicules dans les zones périphériques et la nécessité de sensibiliser davantage le public à cette alternative de mobilité. Il faut également repenser une partie de l’écosystème des produits d’assurances auto qui représentent le principale frein au développement de l’autopartage entre particulier au regard de la frilosité des assureurs à massifier le prêt de véhicule.
En conclusion, l’histoire de l’autopartage en France est marquée par une évolution constante pour répondre aux besoins changeants de la société en matière de mobilité durable. Avec la croissance continue de cette industrie, l’autopartage devrait continuer à jouer un rôle essentiel dans le paysage de la mobilité urbaine en France.
bonjour y a til des assurances qui sont spécialiser dans l autopartage?
ou avez vous une liste a proposer d assureur qui serai ok pour assurer mes voyageurs
En théorie, la plupart des compagnies d’assurance qui font de l’IARD proposent des assurances flotte, certaines proposent une option location mais en réalité, il est très difficile d’obtenir une cotation en dessous d’une certaine volumétrie, d’un encadrement rigoureux du profil des locataires (ex membres identifiées d’une assoc, salariés d’une entreprise…) et d’un capital social important pour une société. Pour les auto-entrepreneurs qui souhaitent s’émanciper des plateforme d’autopartage, c’est quasiment mission impossible où en tout cas jamais vu à ma connaissance.
En ce qui concerne les particuliers, certaines compagnies comme Matmut ou Thélem assurances proposent l’option autopartage dans leur contrat auto. Inconvénient, c’est votre contrat perso qui prend du malus en cas de sinistre d’un locataire, ça ne peut rester qu’une solution dite « fair use » épisodique et sans en faire commerce.
merci Sam pour ta réponse …… donc pour le moment pas de vrai solution pour moi en temps que petit loueur …. vivement louloumoi…